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Culture du Vakinankaratra

Antsirabe et les Hauts Plateaux de Madagascar


Madagascar, la Grande Ile, est une terre préservée qui a su intégrer les influences extérieures pour en faire une synthèse à la fois multiple et singulière.

Ainsi on retrouve dans tout le pays aux dix-huit ethnies des traits de caractère culturels communs : le culte des ancêtres, les fady, les kabary, la circoncision, le riz, les sacrifices de zébu, le lambda, les Hira gasy, etc…

Sur les Hautes Terres, paysannes, laborieuses et peu fréquentées par les touristes, toute la richesse de la culture malgache s’exprime et donne aux visiteurs plus qu’une approche pittoresque des us et coutumes locales, la véritable découverte d’une autre façon de concevoir l’existence, les relations sociales et les évènements de la vie .

Enfin, la musique si particulière rythme la vie pour lui donner du sens. L’artisanat très développé sur les plateaux permet l’expression artistiques des techniques maintes fois répétées.

Index du chapitre:


Les ancêtres

ancetres madagascar
Les ancêtres

Les visiteurs attentifs se rendront rapidement compte que les malgaches accordent une attention très particulière à leurs ancêtres. Jusque dans les gestes quotidiens, la référence à ceux qui les ont précédés est constante. On pense à eux, on leur demande des conseils ou leur protection.

« Madagascar est souvent appelée l'île des Ancêtres, tant l'influence des morts sur les vivants y demeure considérable. Le Malgache n'ose rien entreprendre sans avoir obtenu l'accord des anciens et demandé la bénédiction de ses ancêtres. Tout individu n'est reconnu dans la société que par le nom et le groupe de ses ascendants, appelés razana. Ces derniers font partie de la vie quotidienne, bien qu'ils restent invisibles »

Musée d’Art et d’Archéologie de Madagascar (site web)

Un ensemble de rituels personnels, familiaux ou plus largement partagés rythme la vie en relation permanente avec l’au delà. Il n’est pas rare de voir, par exemple, verser une goutte par terre lors qu’on ouvre une nouvelle bouteille pour « donner à boire aux ancêtres ».

Une des manifestations les plus fascinantes est le Famadihana, plus communément appelé « fête du retournement des morts ». Pendant l’hiver austral, les descendants des défunts « zana drazana » organisent un grand rassemblement très festif qui dure trois jours au cours duquel on exhume les corps du tombeau familial afin de changer les linceuls. Cette cérémonie revêt dans le Vakinankaratra un caractère populaire et symbolique particulièrement fort.


Les Fady

La vie quotidienne des malgaches est régie par des « fady », sorte de tabou. Ainsi lorsqu’un lieu, par exemple, est fady, il faut respecter certaines règles  : ne rien jeter, ne rien ramasser, ne pas se baigner (pour les lacs, etc…) ces règles sont propres à chaque lieu et sont légitimées souvent par une histoire ancestrale.

Des jours peuvent être fady, notamment pour les enterrements ou la construction d’une maison. L’interdit peut concerner également l’alimentation comme le cochon, le cabri, le crabe,….il se transmet par le père ou la mère de génération en génération.

Si l’interdit est transgressé, l’auteur commet une faute vis à vis des ancêtres et s’expose à des risques pouvant aller jusqu’à perdre sa vie. On raconte qu’un chinois s’est noyé dans le lac Titriva. Or il existe deux fady : ne pas transporter de porc, ne pas se baigner !

Pour les visiteurs les lieux fady se reconnaissent quelque fois par un tissu blanc accroché à un arbre ou un autre repère distinctif, mais les habitants veillent. Pour plus de précision, il existe un gardien du fady, responsable de son interprétation et de son application, souvent le chef du village (de la famille) ou un ancien.

Les fady peuvent aussi être très contraignants comme le fady touchant les jumeaux des populations antemoro, ou encore celui touchant la relation entre les antemoro et les antevolo qui a fait l’objet de plusieurs tentatives de l’état pour y mettre un terme sans succès.

Voir aussi : « Le fady à Madagascar »


Le kabary

Les kabary, discours traditionnels, tiennent une place particulière dans la vie sociale malgache. Il n'y a pas un événement important ( mariage, funérailles, retournement des morts, réunions politiques…) qui ne soit précédé d'un ou de plusieurs kabary, véritables joutes oratoires entre différents intervenants. Les plus importants sont ceux prononcés par les monarques et ceux des demandes en mariage qui peuvent durer des heures. Les kabary sont nés avant l'arrivée de l'écriture à Madagascar, d'où l'importance du lovantsofina (tradition orale) dans sa transmission.

Il est utilisé pour expliquer, pour persuader et pour condenser des idées. Pour permettre leur mémorisation, le mpikabary (orateur) fait appel à des expressions ou citations qui ne se confondent pas avec le langage commun mais restent toutefois assez accessibles. La qualité d'un discours se juge par la pertinence et la quantité des expressions choisies par l'orateur et c'est généralement au cours du rituel de purification, le fialan-tsiny, qu'il doit faire preuve de son habileté. Il doit se montrer à la fois enjoué, ironique et plein d'humour afin d'emporter l'adhésion de son auditoire.

Ces expressions verbales sont généralement les proverbes, les adages, les dictons. Le Malgache ne faisant pas la distinction, toutes ces expressions entrent dans la catégorie des ohabolana ou proverbes. Quelques orateurs expérimentés font parfois appel aux hain-teny (science de la parole, art du dialogue poétique) dans les kabary de demande en mariage. Art de l'éloquence par excellence, sa pratique était jusqu'ici réservée aux hommes. Aujourd'hui, de plus en plus de femmes et de jeunes se passionnent pour le kabary….

Tirés de l'ouvrage " Madagascar fenêtres " (Ed Cite Ambatonakanga)


La Sambatra - Le rituel de circoncision collective

La circoncision est un rituel qui permet à l’enfant de passer du monde des femmes au monde des hommes. Il consiste à effectuer une opération pour prélever le prépuce. Cette cérémonie se fait de plus en plus avec l’aide d’un médecin, mais traditionnellement on envoyait les guerriers chercher l’eau sacrée qui servait à un « chirurgien » pour nettoyer la plaie. Elle peut être individuelle ou collective.

Le Sambatra ( circoncision groupée) est une cérémonie rituelle célébrée en hiver, de juillet à septembre selon la tradition, mais aussi pour des raisons d'hygiène. Il demeure une fête importante dans les régions rurales, en particulier dans le Sud-Est, où il est célébré durant un mois tous les sept ans.

Tous les enfants non circoncis, pendant les sept dernières années, sont réunis et amenés auprès du "Rain-jaza" (guérisseur traditionnel). Le premier Vendredi de la pleine lune. Aidés par la famille et les amis, les parents commencent à construire le " lapa " (hutte aménagée pour la circonstance).

Plusieurs jours durant, des chansons traditionnelles sont chantées et la population se livre à des danses frénétiques accompagnées d'instruments tels que l'accordéon, le "valiha" et les tambours. Des jeux et des compétitions sportives sont organisés.

Le jour " J ", tôt le matin, au premier chant du coq, les jeunes gens "velondray aman-dreny" (non orphelins de père et de mère) vont aller chercher le "rano mahery" (eau sacrée) à la source sacrée. Au retour, des attaques sont simulées comme pour les empêcher de ramener l'eau sacrée dans le lapa. Si par malheur, le récipient tombe, ils seront ainsi obligés de retourner à la source. Ils doivent alors faire preuve de ruse pour pouvoir accomplir leur mission. L'eau sacrée est accueillie au lapa par les familles qui clament en chœur "Zanaboromahery , manatody vato".

Alors le Rain-jaza commence son travail de circoncision en suivant scrupuleusement un rituel. Les chants et les cris des femmes masquent les pleurs et les gémissements des enfants circoncis. La circoncision terminée, les pères ou les grands-pères avalent les prépuces de leurs enfants circoncis enveloppés dans une banane ou un blanc d'œuf.

La cérémonie se termine toujours par un grand festin accompagné de boissons fortes.

Source : Site de l’Ambassade de Madagascar au Sénégal (site web)


Le Riz

Le riz est à Madagascar une institution. Dans certaines régions, ils est consommé aux trois repas quotidiens. On ne saurait envisager un repas sans riz.

Le menu est composé de riz accompagné d’un « bouillon ». Les plats malgaches (romazava, ravitoto sy henakisoa,…) sont ainsi essentiellement composés de soupes ou de viande et de poisson en sauce accompagnés des légumes.

cf : http://www.gasykamanja.com/recette/liste_plats.html .

Voir aussi : La culture du riz sur les Hautes Terres de Madagascar


Le Zébu

Le zébu tient une place prépondérante dans la vie et la culture malgache.

le zébu de madagascar
Le zébu

Sa viande tendre et savoureuse est particulièrement appréciée; mais son rôle ne s’arrête pas là. Il sert également au transport, au labours et au piétinement des rizières.

Son importance est telle qu’il est devenu mythique pour les malgaches. Tous les grands évènements de la vie sont célébrés par un « sacrifice de zébu » et un repas partagé avec les nombreux invités. Faillir à cette tradition peut être l’origine de malheurs pour les familles et leurs ancêtres. Aussi, il n’est pas rare que l’on soit condamné à sacrifier un zébu pour racheter une faute.

Le rituel sacré du sacrifice du zébu s’accompagne de chants et de danses sous l’autorité d’un ancien, gardien des traditions et de codes précis en fonction de l’événement.

Comme pour certains lieux sacrés (fady), le lamba (tenue traditionnelle) est de rigueur pour toute personne officiant ou présente dans un périmètre délimité autour du lieu du sacrifice.

Le zébu enfin est signe de richesse et de position sociale. Plus on sacrifie de zébus lors d’un mariage, d’un enterrement, d’une circoncision ou de la construction d’un édifice, plus on affirme son rang dans la société.


Le Lamba

Le Lamba est plus qu’un costume traditionnel pour les malgaches. Il est porté à la fois par les femmes et par les hommes et les accompagne toute leur vie comme vêtement, comme couverture la nuit. il est de toutes les fêtes et cérémonies jusqu’au jours de sa mort où il servira de linceul.

Signe de dignité, il est obligatoire dans certains lieux et certaines circonstances. Il peut être signe d’amour aussi lorsque les fiancés les échangent en signe d’union. L’assemblée fait alors vœux de bonheur aux futurs époux pour « toute la vie ».

Constitué d’un tissus de deux mètres cinquante sur un mètre, il existe plusieurs : -le lamba arindrano : vêtement de cérémonie des nobles, des riches ou des vieillards . -le lamba mena : richement brodé est destiné à envelopper les morts. -le lambahoany : paréo de coton imprimé que les femmes des régions côtières nouent sous les aisselles et les hommes à la taille. -le lamba telo soratra : avec trois bandes de couleurs différentes. -le jabo-landy : constitué de soie mélangée avec du raphia. -l'arindrano landihazo : constitué de soie mélangée avec du coton. -le salaka : pagne en soie passé autour des reins et entre les jambes

Ce costume est délaissé dans les grandes villes où l’on préfère s’habiller à l’occidentale. Il reste de mise pour les fêtes et cérémonies pour son élégance et son caractère sacré.


Le «Hira Gasy»

Le Hira gasy passe pour être l’ancêtre du théâtre moderne. Il s’agit d’un spectacle populaire pratiqué dans les campagnes des hauts plateaux pendant les périodes creuses de l’activité agricole.

Souvent très animés, ils font partie intégrante de la vie des populations .

Voir aussi :

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